La question revient régulièrement chez les jeunes diplômés, les personnes en reconversion ou celles qui souhaitent acquérir une première expérience en entreprise : peut-on obtenir une convention de stage sans être inscrit dans une école ou une université ? La réponse dépend en réalité du cadre juridique dont on parle. En France, le stage étudiant est strictement encadré par la loi et repose sur un principe fondamental : il s’agit d’une période de formation intégrée à un cursus pédagogique.
Comprendre cette base légale est essentiel pour éviter les erreurs et distinguer ce qui relève du stage étudiant, de l’immersion professionnelle ou d’autres dispositifs.
Le stage étudiant : un dispositif lié au Code de l’éducation
Le stage en milieu professionnel, tel qu’il est défini par les articles L124-1 et suivants du Code de l’éducation, est obligatoirement intégré à un parcours de formation. Il doit faire l’objet d’une convention tripartite signée entre le stagiaire, l’organisme d’accueil et l’établissement d’enseignement.
Cette convention précise notamment les missions confiées, la durée, le volume horaire, les modalités d’encadrement pédagogique ainsi que, le cas échéant, la gratification obligatoire au-delà de deux mois. L’établissement de formation joue un rôle central : il assure le suivi pédagogique, vérifie la cohérence du stage avec le projet éducatif et désigne un enseignant référent.
Dans ce cadre précis, la réponse est claire : sans organisme de formation, il n’est pas possible d’obtenir une convention de stage étudiant classique. Le stage est juridiquement conçu comme un outil pédagogique, et non comme un simple accès temporaire à une entreprise.
Pourquoi une entreprise ne peut pas accueillir un stagiaire sans convention
Une entreprise ne peut pas accueillir légalement une personne en “stage” sans convention valide. Sans ce document, la relation pourrait être requalifiée en contrat de travail dissimulé, avec des conséquences juridiques importantes pour l’employeur.
La convention protège les trois parties. Elle encadre les missions, empêche qu’un stagiaire occupe un poste permanent et rappelle que le stage ne doit pas remplacer un salarié. Sans rattachement à un établissement ou à un dispositif reconnu, l’entreprise prend un risque juridique significatif.
C’est précisément pour cette raison que la recherche d’une “convention de stage sans école” se heurte à une limite structurelle du droit français.
Les alternatives légales sans inscription scolaire
Même s’il est impossible d’obtenir une convention de stage étudiant sans école, cela ne signifie pas qu’aucune solution n’existe pour effectuer une période en entreprise.
Le dispositif le plus connu est la PMSMP (Période de mise en situation en milieu professionnel), souvent appelée immersion professionnelle. Elle permet de découvrir un métier, confirmer un projet professionnel ou préparer un recrutement. Cette immersion est encadrée par une convention spécifique, distincte de la convention de stage étudiant, et peut être mise en place via des organismes comme France Travail, la Mission Locale ou d’autres structures d’accompagnement habilitées.
La PMSMP n’est pas un contrat de travail et ne constitue pas un stage au sens du Code de l’éducation. Il s’agit d’un outil d’orientation ou d’insertion professionnelle, généralement de courte durée, encadré juridiquement et sécurisé pour l’entreprise comme pour le bénéficiaire.
Formation professionnelle continue : un autre cadre possible
Une autre situation concerne les personnes inscrites dans un parcours de formation professionnelle continue. Dans ce cas, une période en entreprise peut être prévue dans le programme. La convention signée ne relève pas toujours du Code de l’éducation mais peut s’inscrire dans un cadre différent, lié au Code du travail ou à la réglementation de la formation professionnelle.
La nuance est importante : la personne n’est pas “étudiante” au sens classique, mais elle est tout de même rattachée à un organisme de formation. Ce rattachement permet juridiquement d’organiser une période en entreprise encadrée.
Ainsi, ce n’est pas tant la notion d’“école” qui compte que l’existence d’un organisme de formation reconnu capable d’assurer un suivi et de signer une convention conforme.
Les offres de conventions via des organismes privés
Face à la difficulté d’obtenir une convention en dehors d’un cursus classique, certaines structures privées proposent des inscriptions à distance incluant la délivrance d’une convention. Il est parfois possible d’obtenir une convention de stage en ligne après adhésion à une formation.
Cependant, il est essentiel de vérifier que l’organisme propose un véritable encadrement pédagogique et que le dispositif respecte la réglementation applicable. Le simple fait de disposer d’un document intitulé “convention” ne garantit pas automatiquement la conformité juridique.
Avant toute démarche, il convient d’examiner la nature exacte du statut proposé, la qualité du suivi pédagogique et la cohérence entre la formation annoncée et les missions réalisées en entreprise.
Stage sans école : ce qu’il faut retenir
Dans le cadre strict du stage étudiant régi par le Code de l’éducation, il n’est pas possible d’obtenir une convention sans être rattaché à un organisme de formation. Le stage est juridiquement conçu comme une extension du cursus académique.
En revanche, des alternatives existent pour celles et ceux qui ne sont plus étudiants : immersion professionnelle (PMSMP), parcours de formation continue ou dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Ces solutions permettent d’accéder légalement à une expérience en entreprise, même sans inscription dans une école traditionnelle.
La clé est donc de bien identifier le cadre juridique adapté à sa situation. Plutôt que de chercher à contourner la règle, il est préférable d’explorer les dispositifs existants afin de sécuriser son projet professionnel et éviter tout risque pour soi-même ou pour l’entreprise d’accueil.





