La période d’essai en alternance ne fonctionne pas de la même manière selon le contrat signé. Beaucoup de confusions viennent du fait que l’on parle d’“alternance” comme d’un bloc unique, alors qu’il existe deux cadres juridiques distincts : le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Les règles applicables ne sont pas identiques.
En apprentissage : la règle des 45 jours
En contrat d’apprentissage, il n’existe pas de période d’essai au sens classique du CDI. Le Code du travail prévoit une phase particulière : le contrat peut être rompu durant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise.
Plusieurs points méritent d’être précisés :
- Il s’agit de jours de présence en entreprise, et non de jours calendaires.
- Ces 45 jours peuvent être consécutifs ou non, ce qui signifie que l’on cumule les jours passés en entreprise selon le rythme d’alternance.
- La rupture pendant cette période est possible à l’initiative de l’employeur ou de l’apprenti.
La formalisation écrite est indispensable. Même si la procédure est simplifiée pendant ces 45 jours, un écrit reste nécessaire afin d’éviter tout litige ultérieur.
Après les 45 jours : un cadre beaucoup plus strict
Une fois ce seuil dépassé, la rupture du contrat d’apprentissage devient nettement plus encadrée. Plusieurs situations sont prévues :
L’accord commun entre l’employeur et l’apprenti, formalisé par écrit.
La rupture à l’initiative de l’apprenti après saisine préalable du médiateur, avec des délais minimaux à respecter.
La rupture si l’apprenti obtient son diplôme avant le terme prévu, sous réserve d’un préavis d’un mois.
La rupture à l’initiative de l’employeur pour des motifs strictement encadrés comme la faute grave, l’inaptitude ou la force majeure.
Dans ce dernier cas, la procédure suit les règles du licenciement pour motif personnel. L’employeur doit également informer l’OPCO compétent, qui transmet l’information aux services concernés. Cette dimension administrative est parfois sous estimée alors qu’elle fait partie intégrante du processus.
En contrat de professionnalisation : une période d’essai classique
Le contrat de professionnalisation obéit à une logique différente. La période d’essai n’est pas automatique, mais elle peut être prévue dans le contrat. Lorsqu’elle existe, elle suit les règles applicables aux CDD ou aux CDI.
Si le contrat de professionnalisation est conclu en CDI, les durées maximales légales sont :
- 2 mois pour les ouvriers et employés.
- 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens.
- 4 mois pour les cadres.
Un renouvellement est possible une seule fois, à condition qu’un accord de branche l’autorise, que le contrat le mentionne et que le salarié donne son accord. Les durées totales peuvent alors atteindre 4, 6 ou 8 mois selon la catégorie.
En cas de contrat de professionnalisation en CDD, la période d’essai dépend de la durée du contrat. Elle correspond à un jour par semaine dans la limite de deux semaines si le CDD est inférieur ou égal à six mois, et dans la limite d’un mois si le CDD dépasse six mois. Contrairement au CDI, la période d’essai d’un CDD n’est pas renouvelable.
La rupture pendant la période d’essai
En contrat de professionnalisation conclu en CDI, la rupture pendant la période d’essai nécessite le respect d’un délai de prévenance. Ce délai varie selon la durée de présence dans l’entreprise. L’employeur comme le salarié peuvent mettre fin à l’essai, mais il est toujours conseillé de formaliser la décision par écrit.
En pratique, la période d’essai est souvent un moment d’évaluation réciproque. L’entreprise vérifie l’adéquation du profil au poste. L’alternant mesure de son côté la cohérence entre les missions confiées et le projet professionnel. Comprendre précisément le régime applicable évite de mauvaises surprises, notamment lorsqu’un contrat est rompu plus tôt que prévu.
Avant de signer, il est utile de relire attentivement le contrat afin d’identifier clairement le type de dispositif choisi et les modalités prévues. Une simple différence entre apprentissage et professionnalisation peut modifier profondément les règles applicables durant les premières semaines d’activité.
