Un accident du travail ne change pas la nature d’un contrat à durée déterminée, mais il en modifie profondément le déroulement. Entre suspension du contrat, indemnisation spécifique et protection renforcée contre la rupture, le cadre juridique est précis. Il mérite d’être compris dans le détail, car les idées reçues sont nombreuses.
Le contrat est suspendu, pas rompu
Lorsqu’un salarié en CDD est victime d’un accident du travail entraînant un arrêt, le contrat est suspendu. La relation de travail continue juridiquement, même si l’activité s’interrompt.
Cette suspension déclenche une protection particulière. Pendant l’arrêt, l’employeur ne peut rompre le contrat que dans des cas limités : faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident. Cette règle vise à éviter toute rupture liée à l’état de santé du salarié.
Il ne faut toutefois pas confondre cette protection avec la fin normale du CDD. Si le terme prévu au contrat arrive pendant l’arrêt, le contrat prend fin à la date initialement fixée.
Indemnisation spécifique en cas d’accident du travail
Un salarié victime d’un accident du travail bénéficie d’indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie. Le régime est plus favorable que pour une maladie ordinaire.
Le calcul repose sur le salaire journalier de base, avec les taux suivants :
- 60 % du salaire journalier du 1er au 28e jour d’arrêt.
- 80 % à partir du 29e jour.
Ces montants sont plafonnés. Selon la convention collective et l’ancienneté, un complément employeur peut également être versé.
Les démarches restent classiques : déclaration de l’accident à l’employeur, certificat médical initial, transmission des documents à la caisse compétente. La reconnaissance du caractère professionnel conditionne l’application de ce régime spécifique.
Le CDD est-il prolongé ?
En principe, un accident du travail ne prolonge pas un CDD. Le contrat s’achève à la date prévue, même si le salarié est toujours en arrêt.
Une exception mérite cependant attention : lorsque le contrat comporte une clause de renouvellement et que l’arrêt est d’origine professionnelle, l’employeur doit en principe appliquer ce renouvellement, sauf motif réel et sérieux étranger à l’accident.
Cette précision est importante en pratique. Elle évite qu’un salarié ne perde un renouvellement prévu simplement en raison d’un accident survenu pendant le contrat.
Rupture anticipée : un cadre strict
En dehors d’un commun accord, un CDD ne peut être rompu avant son terme que dans des cas limités :
- Faute grave.
- Force majeure.
- Inaptitude médicalement constatée.
Une rupture anticipée irrégulière expose l’employeur au versement de dommages et intérêts au moins équivalents aux rémunérations restant dues jusqu’au terme prévu.




