La question du préavis en CDD suscite régulièrement des interrogations. Contrairement au CDI, le contrat à durée déterminée n’ouvre pas, en principe, un droit général au préavis en fin de contrat. Le CDD est conçu pour aller jusqu’à son terme. Il convient donc de distinguer la fin normale du contrat des situations de rupture anticipée.
Pas de préavis à la fin normale du CDD
Lorsque le CDD arrive à échéance, le contrat prend fin automatiquement à la date prévue ou à la réalisation de l’objet pour lequel il a été conclu. Il n’y a aucun préavis à respecter dans cette hypothèse. La relation de travail s’arrête simplement au terme fixé.
Beaucoup assimilent cette situation au fonctionnement du CDI, mais les logiques sont différentes. Le CDD étant déjà limité dans le temps, le préavis n’a pas vocation à s’appliquer à son échéance normale.
Le cas spécifique du départ pour un CDI
La principale situation où l’on parle réellement de préavis en CDD concerne le salarié qui obtient une embauche en CDI. Dans ce cas précis, la loi autorise la rupture anticipée du contrat, sous réserve du respect d’un délai.
Le salarié doit justifier de son embauche en CDI, généralement par une promesse d’embauche ou un contrat signé.
Durée du préavis
Le préavis est calculé à raison d’un jour par semaine :
- Sur la durée totale du CDD, renouvellements inclus, si le contrat comporte un terme précis
- Sur la durée déjà effectuée si le CDD est sans terme précis
Le décompte se fait en jours ouvrés et le préavis est plafonné à deux semaines maximum, quelle que soit la durée initiale du contrat.
Il est possible d’y déroger par accord entre les parties. Employeur et salarié peuvent convenir d’un départ anticipé sans préavis ou d’un délai plus court. Cette souplesse suppose un accord clair, idéalement formalisé par écrit.
La rupture pendant la période d’essai
Lorsque le CDD prévoit une période d’essai, le régime applicable n’est pas celui du préavis classique mais celui du délai de prévenance.
Si la rupture intervient à l’initiative du salarié, celui-ci doit respecter un délai de :
48 heures, ramené à 24 heures si la présence dans l’entreprise est inférieure à huit jours.
Ces règles s’appliquent également aux CDD comportant une période d’essai d’au moins une semaine.
Le délai de prévenance permet d’assurer une transition minimale, sans pour autant figer la relation contractuelle comme le ferait un préavis en CDI.
Ce qui n’est pas un préavis
Certaines situations sont parfois qualifiées de préavis à tort.
La rupture d’un commun accord n’implique pas automatiquement un délai légal. Les parties fixent librement la date de fin.
En revanche, si le salarié quitte son poste sans motif autorisé, en dehors du cas d’embauche en CDI ou de la période d’essai, il s’expose à une demande de dommages et intérêts correspondant au préjudice subi par l’employeur.
La notion de préavis en CDD doit donc être maniée avec précision. Elle ne s’applique que dans des cas spécifiques et selon des modalités strictement définies. Une lecture attentive du contrat, de sa durée et de la situation concrète permet d’éviter les confusions les plus fréquentes.





