L’embauche en contrat à durée déterminée ne dispense pas de suivi en santé au travail. Contrairement à une idée répandue, la visite médicale en CDD n’est pas réservée aux contrats longs ou aux CDI. Elle s’inscrit dans le dispositif général de prévention applicable à tous les salariés, avec des modalités qui varient selon la nature du poste.
La visite d’information et de prévention
Depuis la réforme du suivi médical, l’examen d’embauche classique a été remplacé, pour la majorité des postes, par la Visite d’information et de prévention, souvent appelée VIP.
Tout salarié nouvellement recruté, y compris en CDD, doit en principe bénéficier de cette visite. Elle a pour objectif d’informer le salarié sur les risques liés à son poste, de vérifier son état de santé au regard des conditions de travail et de l’orienter, si nécessaire, vers le médecin du travail.
La VIP doit être organisée dans un délai maximal de trois mois à compter de la prise de poste. Ce point est essentiel : la visite n’est pas obligatoirement réalisée avant le premier jour de travail, sauf cas particuliers.
Quand la visite doit avoir lieu avant l’affectation
Certaines catégories de salariés doivent être vues avant leur affectation effective au poste. C’est notamment le cas :
- Des travailleurs de nuit.
- Des jeunes de moins de 18 ans.
Dans ces situations, la vigilance est accrue. L’objectif est d’éviter toute exposition à un risque sans validation préalable du suivi médical.
Postes à risques et suivi individuel renforcé
La nature du poste détermine le type de suivi. Pour les fonctions sans risques particuliers, la VIP suffit. En revanche, lorsqu’un salarié est exposé à des risques spécifiques, il relève du suivi individuel renforcé.
Dans ce cadre, il ne s’agit plus d’une simple visite d’information, mais d’un véritable examen médical d’aptitude, en principe réalisé avant l’affectation au poste. Cet examen donne lieu à un avis formel d’aptitude ou d’inaptitude.
La distinction est déterminante. Ce n’est pas la durée du CDD qui déclenche le suivi renforcé, mais la nature des risques liés au poste occupé.
Les cas de dispense possibles
Un salarié recruté en CDD peut être dispensé de nouvelle VIP sous certaines conditions. La dispense est envisageable si :
- Le salarié a déjà bénéficié d’une visite récente dans un délai de cinq ans, ou de trois ans pour certaines catégories spécifiques.
- Le poste est identique et présente des risques équivalents.
- La traçabilité de la précédente visite est assurée.
Cette règle évite de multiplier inutilement les visites lors d’enchaînements de contrats courts. En pratique, la conservation des attestations précédentes joue un rôle clé.
Organisation et acteurs du suivi
La visite est organisée par le service de prévention et de santé au travail auquel l’employeur est affilié. Elle peut être réalisée par un médecin du travail ou un professionnel de santé habilité, notamment un infirmier en santé au travail.
Dans certains contextes particuliers, comme le travail intérimaire, les règles d’organisation peuvent varier selon la répartition des responsabilités entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice. Là encore, c’est la nature du poste qui détermine le régime applicable.
Les idées reçues à dépasser
Il est fréquent d’entendre qu’un CDD de quelques semaines n’impose pas de visite médicale. En réalité, le principe reste celui de la VIP dans les trois mois, sauf cas de dispense. Autre confusion fréquente : penser que la visite doit toujours précéder la prise de poste. Ce n’est vrai que pour certaines situations spécifiques.
La visite médicale en CDD s’inscrit dans une logique de prévention, non de formalité administrative. Bien organisée, elle contribue à sécuriser la relation de travail et à anticiper d’éventuelles difficultés d’adaptation au poste. Dans un contexte où les contrats courts se multiplient, cette dimension mérite d’être pleinement intégrée dans la gestion des ressources humaines.




